En 1869 déjà on vantait les charmes de Nans sous Sainte Anne...

La Vierge du Lison...

En 1869 déjà on vantait les charmes de Nans sous Sainte Anne...

Ecrit par l'Ordissinaute Collectif Vivr' À Nans

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Il n'est pas de voyageur que le hasard, un caprice ou l'ordonnance du médecin a conduit à Salins-les-Bains, qui ne connaisse le joli village  de Nans, situé à trois lieues de cette ville, au milieu d'un  amphithéâtre de montagnes d'un grand caractère, et tout près de  l'endroit où le Lizon prend sa source.
   Les sources du Lizon sont, en effet un des sites les plus visités et vantés de la Franche Comté. Les hôteliers du Sauvage et des Messageries ne manquent pas d'en prévenir les aventureux Simbads que le chemin de  fer leur amène, et, si votre bonne étoile, cher lecteur, après vous  avoir dirigé vers Salins, vous conduit encore à une table d'hôte  fréquentée par des Salinois pur-sang, pensionnaires de fondation, vous apprendrez d'eux que le Lizon égale, s'il ne les surpasse, par son effet pittoresque et l'aspect à la fois grâcieux et sauvage du paysage qui  l'encadre, les sites les plus renommés de la Suisse.
  Vous sourirez, peut-être ( les voyageurs sont si incrédules pour avoir été si souvent trompés, et, pour s'être parfois, à leur tour, si  agréablement moqués d'un naïf auditeur !) vous sourirez; mais vous  commanderez une voiture pour le lendemain matin, et, de retour du Lizon, vous direz à vos commensaux, qui se dresseront devant vous comme autantde points d'interrogation:
    " Je viens de faire une charmante promenade."

  L'histoire que nous allons raconter s'est passée au village de Nans.  Nous en avons recueilli les détails dans le même lieu qui en a été le  théâtre. C'était par un beau soir d'automne de l'année 1866. Attablé,  avec quelques amis dans une chambre d'auberge, nous regardions le  paysage par la fenêtre entr'ouverte. Déjà les ombres humides de la nuit  flottaient sur la vallée, tandis qu'une lumière fauve illuminait encore le sommet des montagnes accroupies et les grands rochers aux saillies menaçantes. C'était l'heure où la vue des montagnes et des noires sapinières éveille des sensations de tristesse et des pensées de recueillement; la conversation languissait. Nous demandâmes à notre hôtes'il savait une histoire ou une légende qui se rattachât au Lizon.
   " Je sais une histoire, nous répondit l'amphitryon, qui est touchante et dramatique. Tout le monde ici se la rappelle;  mais vous, messieurs qui venaient sans doute de loin, ne devez pas la connaître, car elle n'a pas franchi la vallée. Vous plaît-il que je vous la raconte? "

Nous fîmes cercle aussitôt autour de notre hôte, qui commença son récit de la meilleure grâce. Nous essaierons de le redire ; puissions-nous, enlui donnant une forme littéraire, ne pas en alterner la simplicité.

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