Claude Lopez m'a envoyé cette belle poésie, que nous voulons partager avec vous.

Le papé

Claude Lopez m'a envoyé cette belle poésie, que nous voulons partager avec vous.

Ecrit par l'Ordissinaute Vivi

Il se tenait assis tout au bout de la table

Et nous impatientait souvent par sa lenteur,
On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable,
Que l'amour peu à peu cédait à la rancœur.

Je le suivais partout ! C'était là, dans ma tête !
Il me suivait des yeux lorsque je travaillais,
Proposait de m'aider, maladroit, l'air tout bête !
Il gênait nos projets,
notre vie, le papé.

Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,
Je le menais plus haut, au flanc du Luberon :
“ Tu seras
bien là-bas, tu verras la Durance
Du haut de la terrasse de la grande maison.


"Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux,
Regarde ils semblent bien, ils ont l'air très heureux !"
Comme tu veux petite, si c'est pour ton bien-être,
,
Monte de temps en temps, le dimanche peut-être ? ”

Je l'ai laissé tout seul, vivement, pas très fière,
L'air était encore chaud, pourtant je frissonnais,
Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre
Me disait doucement : "Qu'as tu fait du papé ? ”

Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude,
Le travail me prenait, j'essayais d'oublier,
De noyer mes regrets au fil des habitudes,
Les souvenirs d'antan rappelaient le papé.

Même dans le mistral qui rasait la garrigue
Pour venir s'écraser au butoir de la digue,
J'entendais cette voix qui ne cessait jamais
De dire à mon oreille : "Qu'as-tu fait du papé ?


Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,
Me reprochait sans fin l'absence de l'aïeul,
Le murmure des sources dans le petit matin
Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil.

Le remord lentement s'installait dans ma vie,
Je revenais m'asseoir où il s'était assis,
Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne,
Et je laissais errer mes pensées sur la plaine.

Alors, je l'ai revu, avant, lorsqu'il marchait
Jusqu'au seuil de l'école, pour venir me chercher,
Je sautais dans ses bras, je l'embrassais, tout doux,
Et nichais tendrement ma tête dans son cou.

Il me portait un peu, puis ma main dans sa main,
Il ajustait son pas pour bien suivre le mien,
Il m'expliquait les bois, les cabris, les moutons,
Les abeilles dorées et les beaux papillons.

Il cueillait aux buissons des réserves de mûres
Et m'offrait les plus grosses comme un présent de choix,
Il riait bruyamment en voyant ma figure
Barbouillée des reliefs de ce festin de roi.

Le soir près de mon lit, il venait me bercer
De chansons provençales, d'histoires de bergers,
Je m'endormais heureuse de sa chaude présence,
Pleine de rêverie, d'amour, de confiance.

Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié
A trouvé le repos. J'ai repris le sentier

Pour revenir tout droit à la grande maison,
Retrouver le papé, lui demander pardon.

J'ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire,
Une larme brillait au milieu du sourire,
Et c'est moi, cette fois, tout au long du chemin
Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien.

Un papé c'est précieux, c'est tant de souvenirs !
Si vous en avez un, jusqu'au bout de vos jours,
Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,
Vous fermerez ses yeux dans un geste d'amour.

Aujourd'hui, par hasard, si le chant des cigales
Me pose la question tant de fois redoutée,
Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale
Répondre fièrement : "Il est là, le papé."


De Yolande Vercasson

 

 

 

 

 

Le 19/10/2016 à 03:20

Bonjour,

trés beau texte , j'ai versé des larmes....

Le 18/10/2016 à 23:01

A VIVI et CLAUDE, ce poème était bien poignant, c'est vrai les pépés ne

sont plus de cette terre à ce jour, et, les souvenirs remontent à la surface,

Merci,  de ce partage, aussi, triste soit-il, mais, si bien écrit.  

Le 18/10/2016 à 00:30

Bonsoir et merci! Chère Vivi en lisant ce poème d'un silence douloureux et déchirant' mais si bien exprimé' donne envie de pleurer, c'est l'émotion d'un grand cœur; je le vois ce Papé ,me le représente....

  la dureté de certaines épreuves nous rappelle que le bonheur a un prix....

prendre des décisions importantes" sous la contrainte n'en sera que plus douloureuse..... ce texte est magnifique.....          j

il n'en reste que des souvenirs.......histoire triste apprenons à tourner la page....  se rapeller des moments partagés.........

et supporter ainsi l'insupportable......bonne nuit à vous........ j  

 

Le 17/10/2016 à 19:19

Et en plus je fais un" bis "sans le vouloir!

Le 17/10/2016 à 19:18

Merci Vivi et Claude,

Ce poème dont j'ignorais l'auteur est très triste en fait , car parfois on ne peut pas garder une personne chère chez soi.

J'ai eu la chance de pouvoir amener et garder et conserver jusqu'au pied de la tombe ma mamie chérie , mais je suis une privilégiée car les circonstances s'y sont prêtées.

Merci à tous les :papé , mamée, pépé ,mémée, pépère , mémère , grand-père, grand-mère ,papy , mamie …..

Bonne soirée!

Le 17/10/2016 à 19:18

Merci Vivi et Claude,

Ce poème dont j'ignorais l'auteur est très triste en fait , car parfois on ne peut pas garder une personne chère chez soi.

J'ai eu la chance de pouvoir amener et garder et conserver jusqu'au pied de la tombe ma mamie chérie , mais je suis une privilégiée car les circonstances s'y sont prêtées.

Merci à tous les :papé , mamée, pépé ,mémée, pépère , mémère , grand-père, grand-mère ,papy , mamie …..

Bonne soirée!

Le 17/10/2016 à 19:04

Merci  Vivi ce texte est plein d'émotion. je suis encore  toute remuée (peut être un peu trop sensible) mais les larmes ne sont pas loin , ce beau texte est à méditer,

Bonne soirée cher Vivi  avec toute mon amitié

Le 17/10/2016 à 19:04

je connaissais ce très beau texie qui me donne les larmes aux yeux....mon papy et mon pépè sont partis ily a longtemps et me manque toujours...merci de ce rappel...

Le 17/10/2016 à 18:14

Excellent texte que beaucoup pourraient méditer et voire mettre en pratique .Merci .

Le 17/10/2016 à 15:30

sublime merçi vivi

 

Le 17/10/2016 à 12:30

merci ..je ne l'avais  plus relu depuis longtemps ..

Le 17/10/2016 à 09:43

Bonjour Vivi , bonjour Claude ,

Je connaissais ce texte aussi magnifique que poignant et à chaque fois il me fait frissonner .

S 'il n'y a pas d ' autre choix possible  :      " montons de temps en temps , le dimanche peut-être ? " .

Beaucoup d' émotion...merci .

Le 17/10/2016 à 08:27

ce poeme m'a fait mal pour le papé ,songeons a tout ce qu'il ont fait pour nous ces anciens ,jeunes un jour aussi . chez nous on garde précieusement nos tetes blanches avec nous et , malgré les aléas ce n'est que du bonheur a présent ,partis je ne regrette pas pour papa mamman.

Le 17/10/2016 à 07:13

Bonjour Vivi et Claude Lopez : Avec mon grand-père maternel ,

j'ai vécu quelques étapes semblables à celle du papé . Je suis

une tête blanche qui espère rester dans sa maison .

Bonne journée .

 

Le 17/10/2016 à 00:34

Je me suis trompée de page, j'ai répondu sur celle de Mamyblue, désolée  

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