Poésies,contes et légendes.

Par mayyan il y a 2 années 10 mois
Le 19/08/2017 à 09:32



Harmonie du soir

 
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir

Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
 
Charles Baudelaire

Le 19/08/2017 à 08:58

    En vain, je cherche le bonheur

Je cherche entre les arbres d'automne                        
Entre la brise du matin et l'aurore

Entre les fleurs couvertes de rosée             
Dans le vent qui me caresse

Je cherche au fond d'un gave                           
Entre cailloux sable et algues

Je cherche dans l'air que je respire
Dans les bouquets, couleur sublime

La clé qui sert à ouvrir l'huis
Des rimes, parfum léger de poésie

Je cueille les fleurs de l'arc-en-ciel
Brode le chemin de mots sensoriels

Mes pensées glissent sous ma plume
Font danser mes rêves au fil de l'allure          

Mais la vie joue à me surprendre
J'endosse les remous qui se répandent           

En vain, je me suis toujours demandé
Pourquoi je ne l'ai pas trouvé ?

Le bonheur a toujours été un mystère
Qui se consume dans les débris secrets                       

Comme tombe la feuille en automne
Quand le vent secoue la branche atone

Mariefleur


Le 16/08/2017 à 06:59


                    Les mots

L'océan scintille sous le faisceau de lune ,

Les yeux contemplant les étoiles ,

Le poète rêve , assis sur la dune , 

Rime , et caresse la toile.

Les mots ont une âme

Comme les fleurs un parfum

Auteurs de joies et de larmes,

Sur tous les êtres humains.

L'onde des mots frissonne

Caresse ces âmes

Qui se mirent dans l'eau,

Où se meurent les larmes.

Les mots effleurent la terre,

Parsemée de mille fleurs,

De paix , d'amour et de lumière,

Le bonheur est le chemn du coeur. 

O douceur fruitée des mots ! 

Quant ils chantent la vie.

 
Blanche
Le 15/08/2017 à 08:51



                    Automne.
Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L’Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s’afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d’or qui vibrait sans repos
S’est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l’enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d’une enclume ou l’aboiement d’un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Suscitant des pensers d’immortelle et de buis,
La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ;
Et la lumière, avec un long frisson d’angoisse,
Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits…
Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
Les limpides matins, les matins frais et fous,
Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
Qu’importe, la maison, sans se plaindre de toi,
T’accueille avec son lierre et ses nids d’hirondelle,
Et, fêtant le retour du prodigue près d’elle,
Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
L’âme impure est pareille à la fille de joie.
Mais les corbeaux au ciel s’assemblent par milliers,
Et déjà, reniant sa folie orageuse,
L’âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.
L’étendard de l’été pend noirci sur sa hampe.
Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ;
Et que ton rêve, ainsi qu’une rose dans l’eau,
S’entr’ouvre au doux soleil intime de la lampe.
Dans l’horloge pensive, au timbre avertisseur,
Mystérieusement bat le coeur du Silence.
La Solitude au seuil étend sa vigilance,
Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.
C’est le refuge élu, c’est la bonne demeure,
La cellule aux murs chauds, l’âtre au subtil loisir,
Où s’élabore, ainsi qu’un très rare élixir,
L’essence fine de la vie intérieure.
Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
Afin que le parfum des choses préférées
Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux.
C’est la bonne saison, entre toutes féconde,
D’adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
Et de descendre en toi jusqu’au divin frisson
De te découvrir jeune et vierge comme un monde !
Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ;
Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
Et, nu, penché sur l’eau des heures immobiles,
Se mire au pur cristal de son propre miroir :
Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
Des départs de vaisseaux haut voilés dans l’air vif,
L’âpre suc d’un baiser sensuel et pensif,
Et des soleils couchants sur des eaux inconnues…

Magny-les-Hameaux, octobre 1894.
Albert Samain, Le chariot d’or
Le 15/08/2017 à 08:49



La nature est bien faite
 
C’est la morne saison et les jours sont bien courts
Les arbres dans la nuit sont de pauvres fantômes
Dénudés comme un vers, et sans aucun arôme
Attendent le printemps pour faire leur discours
 
Dés que l’hiver a fuit, que la neige a fondu
Et que le Dieu soleil réchauffe ce bois mort
Un costume de feuilles vient recouvrir leur corps
Pour leur redonner vie d’un amour éperdu
 
Les arbres ont bien verdi, cherchant d’autres couleurs
D’une même harmonie éclate une musique
Pour laisser de côté l’hiver anesthésique
En offrant à nos yeux tant de milliers de fleurs
 
Et le soleil ardent vient leur changer la vie
Les arbres ont de la peine à supporter le poids
Et si dans la vallée certaines branches ploient
C’est qu’elles sont chargées par d’innombrables fruits
 
 
Charles Durantin

 
Le 15/08/2017 à 08:46


Les cigales ont-elles fuient les feux dans le midi 

pour chercher refuge dans ma bonne ville de Lyon 

depuis deux jours elles chantent bien à l’abri

dans les grands arbres près de mon balcon

Mais le temps a fraîchi et les cigales sont parties

Porter sous d’autres cieux leurs chansons

A l’été prochain mes amies.

 

 © Alice 7 Août 2017
Le 14/08/2017 à 11:20
La Légende Du Jour .

La Dame Blanche...


Source  : L’appellation dame blanche est donnée à des mythes ou à des apparitions de natures diverses.
Il peut s’agir soit d’entités surnaturelles tenant les rôles de fées, de sorcières, de lavandières de la nuit ou d’annonciatrices de mort prochaine, soit de fantômes de femmes décédées lorsqu’il s’agit de spectres hantant des châteaux ou d’auto-stoppeuses fantômes.
Quelles que soient leurs formes, les légendes des dames blanches se retrouvent un peu partout en Europe et en Amérique du Nord.

Voici La Légende De la Dame Blanche .


Connaissez-vous la chute Montmorency, sur la Côte-de-Beaupré, tout près de Québec?
Au fil des ans, plusieurs personnes ont juré y avoir vu, quand la nuit tombe, une silhouette féminine, fine et blanche. C’est celle de MathildeRobin, morte en 1759. Ou plutôt, celle du fantôme de cette femme qu’on appelle désormais : la Dame blanche…

Remontons le fil du temps jusqu’en 1759 : Mathilde vit sur la Côte-de-Beaupré. Elle est pleinement heureuse : à la fin de l’été, elle épousera le beau Louis, celui qui fait battre son cœur. Mathilde a cousu elle-même sa robe de mariée, blanche, comme il se doit. Quelques rumeurs planent sur Québec, comme quoi les Anglais voudraient s’emparer de la ville, mais Mathilde n’y prête pas trop attention.
 
Rien ne peut assombrir son bonheur… Rien, sauf la guerre. Car le 31 juillet, tout bascule. Des cris retentissent soudain : les Anglais sont là, au pied de la chute! Ils veulent prendre Québec aux mains de la France! Les femmes et les enfants se réfugient dans la forêt pour attendre la fin des combats. Les hommes vont prêter main-forte aux soldats français. Le courageux Louis embrasse Mathilde et promet de revenir rapidement.

La Bataille de la chute Montmorency dure quelques jours. Quand elle cesse enfin, malgré le triste tableau des soldats des deux camps morts ici et là, des cris de joie montent dans le ciel de Québec : les Français ont gagné! Victoire! Les hommes regagnent la forêt pour retrouver leurs proches. Le cœur serré, Mathilde attend. Louis ne revient pas. Presque tous sont de retour, maintenant… et Mathilde attend, encore et encore.

Un commandant lui apprend la terrible nouvelle: Louis est mort au combat. Il ne reviendra pas. Folle de douleur, elle court vers sa maison, enfile sa robe de mariée blanche, pose son voile sur ses cheveux. Mathilde Robin se dirige ensuite vers la chute où son fiancé et elle aimaient tant se promener.

Cette chute au pied de laquelle Louis a péri. La pleine lune éclaire sa silhouette fragile. Mathilde ouvre largement les bras en croix. Dans undernier gémissement de douleur, elle se laisse tomber dans les eaux tumultueuses de la chute Montmorency. On dit que son voile fut emporté par le vent et qu’il se déposa sur les rochers.
 
Quand les gens de la Côte-de-Beaupré passèrent devant, le lendemain, une nouvelle cascade était apparue. On l’appela le Voile de la mariée. Elle est toujours là, juste à gauche de la chute.

Aujourd’hui, deux siècles et demi plus tard, si vous passez par la chute Montmorency, la nuit, vous apercevrez sans doute une frêle jeune fille vêtue d’une longue robe blanche. C’est le fantôme de Mathilde, la Dame blanche.
 
Il arrive même qu’on l’entende gémir jusque sur l’île d’Orléans. Si vous la voyez, ne l’approchez pas trop… On raconte que tous ceux qui ont tenté de toucher à la robe de la belle Mathilde ont connu une mort brutale quelques jours plus tard…
 
Alors contentez-vous de regarder, de loin, le Voile de la mariée et cette Dame blanche, qui pleure pour toujours la mort de son fiancé.

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LE CHEMIN DE RONDE. Dominant la vallée de la Beune, le château de Puymartin, silhouette élancée de pierres jaunes couvertes de lauzes, était autrefois entouré en contrebas d'un village du même nom. Le château est dissimulé par une riche et abondante végétation qui semble vouloir le soustraire aux regards indiscrets.

La construction du château de Puymartin a débuté au XIIIe siècle (vers 1270). Il servit de frontière entre la France et l'Angleterre lorsque débuta la Guerre de Cent Ans. En 1357, il a été occupé par les Anglais. Racheté par les consuls de Sarlat, il fut abandonné. Ensuite le château fut pillé, privé de ses créneaux, remparts, tours et toitures.

Puymartin est reconstruit en 1450 par le comte Radulphe de Saint-Clar. Le château servira au XVIe siècle de quartier général à Raymond de Saint-Clar, son petit-fils et chefs des catholiques du Périgord noir, dans sa lutte victorieuse contre les protestants. C'est lui qui reprends Sarlat aux huguenots sous le nom de Capitaine de Puymartin.

Au XVIIe siècle, Jean de Saint-Clar et sa soeur Suzanne se disputent la possession du château pendant 40 ans. Suzanne en devient finalement propriétaire. Avecles siècles suivant, Puymartin bénéficia d'une certaine sérénité jusqu'à la révolution Française, où son seigneur, François Roffignac de Carbonnier de Marzac, fut emprisonné. Le château est laissé à l'abandon encore une fois.

Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que le marquis Marc de Carbonnier de Marzac entreprend de restaurer le château,en le modifiant dans un style néo-gothique, ce qui lui donne l'allure qu'on lui connaît aujourd'hui. Les travaux commencés en 1880, dureront
vingts ans. Les corps de logis coiffés de lauzes sont conservés, tout comme les tours cylindriques couronnées de machicoulis et coiffées de toits coniques, ainsi que le logis renaissance et les escaliers à balustre de pierre de la cour Saint Louis. La courtine d'entrée est profondément transformée par l'ajout de créneaux et d'échauguettes d'angle. À la gauche du logis est élevé un nouveau donjon, massive construction couronnée d'une terrasse crénelée et dont les façades sont percées de fenêtres à meneaux dont certaines sont surmontées de remplages trilobés d'inspiration typiquement gothique.

La fille unique du marquis épousa le comte Jacques de Montbron, le père du propriétaire actuel, Henri de Montbron. Le château appartient donc à la même famille depuis 5 siècles. À l'intérieur du château, des enfilades de salles donnent l'occasion de découvrir des tapisseries, des peintures, du mobilier et beaucoup d'objets d'époque qui appartiennent à la famille depuis 1450. Le cabinet de méditation est une pièce exceptionnelle, classée par les Monuments Historiques, qui présente de magnifiques grisailles (peintures en noir et blanc sur blanc d'œuf) dontles scènes sont tirées de la mythologie grecque. Toutes ces œuvres, dans un exceptionnel état de conservation, ont été réalisées entre 1650 et 1671.

Mais le lieux le plus fort de cette endroit est certainement la pièce situé dans la tour nord, ou un drame c'est joué.
Au XVIe siècle, Thérèse de Saint-Clar, épouse de Jean de Saint-Clar, aurait été surprise dans les bras de son amant par son mari, qui revenait de la guerre. Pris d'une rage féroce, il l'enferma dans cette pièce, où elle y resta prisonnière pendant 15 ans. À sa mort, elle y fut emmurée. Pour ce qui est de l'amant, un chevalier protestant, l'histoire raconte qu'il fut exécuté peu de temps après avoir était surpris avec la maîtresse de maison, et pendu à un arbre, de sorte que de sa chambre elle puisse le voir.

Depuis, de nombreux témoins disent avoir aperçu une dame blanche errer sur les chemins de ronde du château, ainsi que dans cette partie du donjon, où Thérèse de Saint-Clar fut pendant tant d'année enfermée avant d'y être emmurée.


Le 14/08/2017 à 10:56
Le Poème Du Dimanche 13 Août 2017


La Coccinelle & Le Chardonneret...
Ecrit Par Anita Smb
Tout Droits réservés ©
Septembre 2014


À la cour d'une journée d'ombre et de lumière
Un élégant chardonneret robe châtain
Se tenait sur un néflier vert de satin
Assistant l'orée pourpre des roses trémières
Éclaireur des aurores aux rosées exquises

De son bec avait-il tant piqué de cerises
Qu'il en avait le collier tout rouges de varves
Fort en était repu à ne point chercher larves
Encore à moité endormi sur son perchoir
Gaillardement concentré sur la digestion
Quelle ne fut une surprise le faire choir
De voir en les thyrses autre coloration
Ordinairement bête à bon dieu la suivait
Des yeux parcourant inlassablement les tiges
À la recherche de pucerons de voltige
Ce jour était fleur parmi les fleurs enclavée
Demoiselle coccinelle fixait l'oiseau
D'un regard enfoui au plus profond de ses larmes
Elle pleurait l'implorant non de lever son arme
Mais d'accompagner son âme à l'eau de roseau
Le gracieux la prit en pitié de s'enquérir
Qu'elle avait peur sans délai de devoir mourir
Sentiment jusqu'alors inconnu mais sans rire
Susurré par un puceron vengeant son ire
Lui signifia qu'il l'épargnerait bien content
De la savoir promue au rang des espèces
Évoluées escomptant trépas aux pièces
Et pires inquiétudes pour solde au comptant
Mignonne éplorée s'enquit alors de savoir
Comment rois du monde de cent ans d'existence
Pouvaient telle catastrophe au futur avoir
Sans en charrier de sang noir visqueux par avance
Nos amis humains érigent des religions
Inventent poèmes ou se laissent aller
À faire et refaire le monde ils sont légions
À vouloir sur tout ou rien toujours s’étaler
Telle est la glorieuse harmonie de la nature
Conclut-il d'un fluide gazouillis tendu
Et qu'il valait peut-être mieux finir mature
Plutôt qu'entendre le cri amer des pendus...

Le 13/08/2017 à 09:16


 
Donne-moi cette fleur
Donne-moi cette fleur meurtrie
Entre ta ceinture et ton cœur,
Je la veux triste et sans couleur,
Donne-la-moi, pâle et flétrie,
 
Ni la rose, éternelle fée,
Ni le lys qui vient de s'ouvrir
Ne valent le dernier soupir
De la pauvre fleur étouffée,
Doux échange qui ravit l'âme
 
La femme a gardé dans son cœur
Le plus doux parfum de la fleur,
La fleur, le parfum de la femme
Cette fleur je l'avais cueillie
À tes pieds, au bord du chemin
 
Tu me dis en tendant la main,
Donne-la-moi fraîche et jolie !
À ces bois où l'oiseau soupire,
Nous avons conté nos secrets
 
Rêveuse, tu la respirais,
Et la fleur cachait ton sourire
Doux échange qui ravit l'âme,
La femme a gardé dans son cœur
Le plus doux parfum de la fleur,
La fleur, le parfum de la femme.

Léon Gozlan

Le 12/08/2017 à 08:18
LA COLOMBE ET L' ARC EN CIEL



LES COLOMBES

Ni tout noirs, ni tout verts, couleur 
D'espérances jamais en fleur, 
Les ifs balancent des colombes, 
Et cela réjouit les tombes.

Elles éclatent, dans les ifs, 
Ainsi que des fruits excessifs, 
Effeuillant leurs plumes perdues 
Au vent des vieilles avenues.

Dans l'azur qui va s'éclairant, 
En haut de l'arbre le plus grand, 
Qui monte, tel qu'une fusée, 
Une entre autres est balancée.

Sous ses beaux yeux délicieux 
Elle semble, d'un coin des cieux, 
Couver l'aurore qui s'est faite 
Au fond du cimetière en fête.

Et chaque arbre, panache noir 
Du plus minable désespoir, 
Sous les blanches plumes en foule 
Est un colombier qui roucoule.

Ces oiseaux, dont les voix sont soeurs, 
Ces adorables obsesseurs, 
Ce sont évidemment les âmes 
Des demoiselles et des dames

Dont la tombe douce reluit 
Et dont la lune, chaque nuit, 
Epelle, à ses lueurs glacées, 
Les épitaphes insensées !

GERMAIN NOUVEAU (1851-1920)

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