Le 13 avril 1975 disparaissait à N’Djamena le Président de la République Tchadienne, Ngarta , ex-François  Tombalbaye, assassiné.

Mort d’un tyran

Le 13 avril 1975 disparaissait à N’Djamena le Président de la République Tchadienne, Ngarta , ex-François Tombalbaye, assassiné.

Ecrit par l'Ordissinaute Pierre le montois

Né le 15 juin 1918 à Bessada, près de Koumra, d'ethnie sara de la famille n'gambaye, instituteur de formation, membre du PPT (parti progressiste tchadien), il est élu conseiller territorial du Moyen Chari en 1952, vice-président du Grand Conseil de l'AEF (Afrique Équatoriale Française) en 1957 puis  président du Conseil des Ministres en 1959 où il dirige un Gouvernement d’union. Lorsque l’indépendance est proclamée le 11 août 1960, il est élu Président de la République  après avoir éliminé son principal adversaire par une manœuvre déloyale. Il est le premier chef de l’État tchadien.

Les quinze ans de son règne sont émaillées de nombreuses fautes de gouvernance . A souligner l’effet bloquant du poids des divisions ethniques - le Tchad compte une trentaine de langues ou dialectes et plusieurs religions – effet aggravé par la détention du pouvoir par une seule ethnie , autrefois les saras , aujourd’hui les zagawas .Les abus d’une administration débutante sont à l’origine des révoltes de Mangalmé, à l’est, de Bardaï au nord où le sous-préfet a fait défiler les femmes nues dans les rues , les gens refusant de payer l’impôt. Le Derdaï , chef religieux élu du peuple toubou s’exile en Libye et le Frolinat entre en rébellion. Souvre alors le cycle incessant des conflits armés avec la participation de la France . De plus, le Président devient de plus en plus tyrannique ,il désavoue les militaires , les prison sont pleines, y règne la torture. D’aucuns pensent qu’une espionne aurait rapporté les intentions du Président de rompre les accords avec la France.

Depuis quelque temps , le Président et sa famille se retire les fins de semaine dans une des villas du village crée pour l’OUA (organisation de l’unité africaine) au pont de Chagoua au bord du Chari. Le 13 avril au matin , ce sont deux sections de la GNNT (garde nationale et nomade du Tchad) qui assurent la sécurité . Alors que les chefs de sections mettent en place les sentinelles , des coups de feu éclatent, des balles sifflent au-dessus des têtes. Des parachutistes sont à la clôture armés et casqués. Le chef du service de sécurité, français ,est près de la villa et fait signe aux deux sections de rembarquer dans les camions et de quitter l’enceinte, ce qui est fait. Les paras pénètrent dans le périmètre., le commandant du dispositif assaillant se rend à la villa du Président avec son radio, enfonce la porte , trouve à l’intérieur la femme et sa belle-sœur sur un canapé et le fils devant un grand placard et dans le placard. le Président et son frère . Le radio fait feu  et les tue.   

Dès la nouvelle connue, les prisons sont ouvertes, on compte les morts et disparus et l’on évacue sur Paris les prisonniers torturés.Le CSM (conseil supérieur militaire ) est créé avec à sa tête le militaire le plus ancien dans le grade le plus élevé . Que faire des dépouilles au plan politique. Il est décidé de les exposer au peuple. Un avion est dépêché à Abéché où l’Hôpital allemand donne une morgue en inox pleine de formol. Les deux corps sont exposés plusieurs jours à la Présidence. Puis la même question se pose. Et la morgue est convoyée par avion vers le Tibesti. Par malchance, un moteur tombe en panne de nuit et l’avion se pose au petit jour à Faya-Largeau au sud du Tibesti. Le but devait être de présenter les défunts aux rebelles. La morgue et son contenu ont été  enterrés le long d’une piste chamelière en plein sable. Fin du drame . Et début d’une longue période de guerres et de coups d’état , avec de très nombreux morts et quelques génocides . Les protagonistes de ce drame ont subi des sorts divers et violents. L’épouse du chef de la sécurité est retrouvée morte et dénudée lors d’une sortie à cheval à N’djamena et son mari égorgé dans son appartement parisien quelques années plus tard. Quant aux militaires, l’essentiel de l’ANT (armée nationale tchadienne) a disparu lors des combats pour la prise de Faya-Largeau par le Frolinat et les libyens en janvier et février 1978.

Ecrit par l'Ordissinaute Pierre le montois
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