Antiquités syriennes : sur les routes du trafic

En parallèle des victimes du conflit en Syrie qui est entré dans sa quatrième année, un tout autre drame s'organise et s'intensifie : celui de la destruction du patrimoine culturel de ce pays qui, il y a encore peu, attirait des touristes et faisait vivre ses populations

Aujourd'hui, le trafic des objets d'art syriens n'est plus l'apanage de quelques pilleurs de tombes et de personnes peu scrupuleuses, il est devenu national. Tous les protagonistes impliqués dans la guerre, que ce soient les fanatiques de Daesh, les forces militaires de Bachar el-Assad, et jusqu'aux habitants qui ont tout perdu, se livrent à un commerce illicite d'objets trouvés sur des sites ou dans les musées mêmes.


Tout commence par la collecte de ces objets. Pillages de musées, fouilles à la sauvette à l'aide de baguettes en cuivre, tout est bon pour accumuler des poteries, pièces dont le prix explose littéralement. Sous l'apparence d'une activité indépendante se cache une réelle organisation. Depuis son arrivée en Syrie, Daesh est à la manœuvre. Aucune autorisation de fouille n'est délivrée sans son accord.

Les objets convoités transitent ensuite à la frontière turque, où les mesures de sécurité sont limitées, et surtout, où l'on peut monnayer un bus à destination des grandes villes dans lesquels se trouvent les acheteurs. C'est par leur réseau que les trésors du patrimoine sont dispatchés dans le monde entier.

En dépit de la publication d'une liste rouge par l'Unesco, consultable par tout collectionneur, rien ne semble enrayer le phénomène.

 

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